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Lades Oscars du cinĂ©ma s'est dĂ©roulĂ©e le 26 mars 2000, au Shrine Auditorium de Los Angeles, et a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e par l'acteur, rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, Billy Crystal. 219 relations. Communication . TĂ©lĂ©chargez UnionpĂ©dia sur votre appareil Androidâą! Installer. AccĂšs plus rapide que le navigateur! 72e cĂ©rĂ©monie des Oscars. La des Oscars du cinĂ©ma s'est
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11octobre 2000 en salle / 1h 56min / Thriller. De Christopher Nolan. Par Christopher Nolan , Jonathan Nolan. Avec Guy Pearce , Carrie-Anne Moss , Joe
Lacritique de The Talented Mr Ripley par Ăric Libiot (LâExpress, 9 mars 2000) est Ă cet Ă©gard particuliĂšrement emblĂ©matique. Le Talentueux Monsieur Ripley est la version bien propre et amĂ©ricaine de Plein soleil. Câest la rĂšgle du jeu. DĂšs quâun remake pointe le bout de la pellicule, on assiste Ă une redistribution des cartes et chacun y va de sa comparaison. Dans cette
Sile nom de Patricia Highsmith nâest pas crĂ©ditĂ©, on retrouve pourtant certains motifs propres Ă son univers, dĂ©jĂ bien prĂ©sents dans LâInconnu du Nord-Express dâAlfred Hitchcock, mais aussi dans Plein soleil de RenĂ© ClĂ©ment (et donc forcĂ©ment dans Le Talentueux Mr. Ripley â The Talented Mr. Ripley dâAnthony Minghella), notamment cette homosexualitĂ©
Z7lhDr. RĂ©sumĂ© Un inconnu le suivait. Il n'avait pas du tout l'air d'un policier ni d'un dĂ©tective. Il avait l'air d'un homme d'affaires. Tom entra chez Raoul. L'homme Ă©tait entrĂ© lui aussi dans le bar et s'Ă©tait approchĂ© de lui " Je m'appelle Herbert Greenleaf, je suis le pĂšre de Richard Greenleaf, vous ĂȘtes un ami de Richard n'est-ce pas ? " Ce nom lui disait quelque chose. Un grand type blond. Il avait beaucoup d'argent, Tom s'en souvenait. " Dickie est en Europe depuis deux ans. Je voudrais qu'il revienne. Sa mĂšre est trĂšs malade. Enfin ce sont des histoires de famille. Je suis navrĂ© de vous ennuyer avec cela. Vous ĂȘtes le premier des amis de Richard qui accepte de m'Ă©couter ". Tom se souvenait maintenant que l'argent de Dickie venait d'une sociĂ©tĂ© de constructions navales. Une affaire de petits voiliers. Sans doute son pĂšre voulait-il que Dickie rentrĂąt pour reprendre la maison. Mr. Greenleaf fixait sur Tom un regard avide, pathĂ©tique. Tom pensa que Dickie avait 25 ans comme lui. Il avait de l'argent, une maison, un bateau. Pourquoi aurait-il envie de rentrer ? Dickie avait de la chance. Que faisait-il lui, Tom, Ă 25 ans. Il vivait Ă la petite semaine. Sans compte en banque et pour la premiĂšre fois de sa vie il en Ă©tait Ă Ă©viter la police. " Je ne sais pas si vous envisagez ou non un voyage en EuropeâŠcontinua Mr. Greenleaf. Si vous alliez lĂ bas je serai trop heureux de prendre tous vos frais Ă ma charge. Richard a toujours subi l'influence de ses amis. Je suis sĂ»r qu'il vous Ă©couterait, si vous lui expliquiez nettement pourquoi vous estimez qu'il doit rentrer ". Tom sursauta. Il prit un air songeur. Il y avait lĂ une possibilitĂ©. Son instinct l'avait flairĂ©e et Ă©tait en alerte avant mĂȘme que son cerveau eĂ»t apprĂ©hendĂ© la chose. " Ce serait peut-ĂȘtre possible ", dit-il prudemment. Je serai ravi de revoir RichardâŠsurtout si vous croyez que je puisse ĂȘtre de quelque utilitĂ© ". Mr. GrĂ©enleaf avait proposĂ© de le dĂ©poser en taxi, mais Tom ne voulait pas lui faire voir oĂč il habitait dans un immeuble en grĂšs sordide, entre la TroisiĂšme et la DeuxiĂšme Avenue. Depuis quelque temps il avait toujours l'impression d'ĂȘtre suivi. Il monta les marches en courant. Il pouvait se fĂ©liciter, ce soir, se dit-il. Il avait Ă©tĂ© parfait. DĂšs qu'il pourrait avoir son passeport, il s'embarquerait pour l'Europe, sans doute dans une cabine de premiĂšre. Des domestiques lui apporteraient des choses quand il presserait un bouton ! Il s'habillerait pour le dĂźner, entrerait d'un pas nonchalant dans une vaste salle Ă manger comme un gentleman. Il commençait une vie nouvelle. Il recommençait Ă zĂ©ro. Il avait des talents multiples et le monde Ă©tait grand ! Et voilĂ maintenant qu'il avait les larmes aux yeux ; brusquement il se prit la tĂȘte Ă deux mains et se mit Ă sangloter. AllongĂ© dans son transat, fortifiĂ© moralement par le luxe qui l'entourait, Tom essaya d'examiner son passĂ© d'un Ćil objectif. Les quatre derniĂšres annĂ©es avaient Ă©tĂ© gĂąchĂ©es. Elles avaient consistĂ© en une sĂ©rie d'emplois passagers, coupĂ© de longues et pĂ©rilleuses pĂ©riodes oĂč il n'avait pas d'emplois du tout, oĂč par consĂ©quent il Ă©tait dĂ©moralisĂ© parce qu'il n'avait pas d'argent, et oĂč il se liait avec des gens stupides pour ne pas ĂȘtre seul. Les jours suivants, dans le train qui l'emmenait en Italie, il eĂ»t la vision fugitive, par une fenĂȘtre de gare, de Paris. Il se dit qu'il pourrait y revenir. A Mongibello il finit par trouver Dickie sur la plage. Il Ă©tait avec Marge Sherwood et ne semblait guĂšre se souvenir de Tom. Un quart d'heure aprĂšs, Tom Ă©tait assis dans un confortable fauteuil en osier sur la terrasse de Dickie, avec un whisky Ă la main. Pendant qu'il Ă©tait sous la douche, la table avait Ă©tĂ© dressĂ©e pour trois couverts, sur la terrasse et Marge Ă©tait maintenant dans la cuisine oĂč elle parlait en italien avec la bonne. Dickie semblait de mauvaise humeur. Le jour mĂȘme Tom prit une chambre Ă l'hĂŽtel Miramare. Par la fenĂȘtre il aperçut Dickie et Marge qui montaient dans le bateau. Tom comprit qu'il les voyait vivre une de leurs journĂ©es types la sieste aprĂšs un dĂ©jeuner tardif, probablement, puis une promenade dans le bateau de Dick au coucher du soleil. Pourquoi Dickie aurait-il envie d'aller retrouver le mĂ©tro, les taxis, les cols amidonnĂ©s et un travail de neuf heures Ă cinq heures ? Ou mĂȘme une voiture conduite par un chauffeur et des vacances en Floride et dans le Maine ? Ce n'Ă©tait pas aussi drĂŽle que d'aller se promener en bateau Ă voiles dans de vieux vĂȘtements, et de n'avoir Ă rĂ©pondre Ă personne de son emploi du temps. Et de l'argent par-dessus le marchĂ© pour voyager si le dĂ©sir vous en prenait. Tom envia Dick et fut saisi, en pensant Ă lui, d'une violente sensation de jalousie en mĂȘme temps qu'il s'apitoyait sur son sort. Tom laissa passer trois jours. Tom savait que la premiĂšre chose Ă faire c'Ă©tait d'amener Dickie Ă le trouver sympathique et c'Ă©tait la chose Ă quoi il tenait plus que tout au monde. Pour l'instant il se sentait au bord de l'Ă©chec. - Je crois que j'ai encore une chose Ă vous dire, fit Tom en souriant. C'est que votre pĂšre m'a envoyĂ© ici spĂ©cialement pour vous demander de rentrer. C'Ă©tait sa derniĂšre chance, la seule qui lui restait d'amuser Dickie ou de l'Ă©cĆurer, de le faire Ă©clater de rire ou s'en aller, dĂ©goĂ»tĂ©, en claquant la porte. Mais ce fut le sourire qui apparut. Tom y mit beaucoup de drĂŽlerie, sa langue continuait Ă s'agiter presque indĂ©pendamment de son cerveau. Son cerveau Ă©valuait jusqu'Ă quel point ses actions montaient auprĂšs de Dickie et de Marge. Le lendemain matin il s'installa chez Dickie. Dickie lui proposa une escapade Ă Naples et Ă Rome. Tom avait remarquĂ© que Dickie Ă©tait beau. Il se distinguait du commun avec son long visage aux traits fins, son regard vif et intelligent, la fiertĂ© de son allure, quoi qu'il portĂąt en guise de vĂȘtements. Tom avait parfois l'impression de se regarder dans la glace. Ils Ă©taient de la mĂȘme grandeur tous les deux, et Ă peu prĂšs de la mĂȘme corpulence et ils portaient des peignoirs de la mĂȘme taille, des chaussettes de la mĂȘme pointure, et probablement aussi des chemises de la mĂȘme taille. Ils allaient chaque jour faire une promenade dans le bateau de Dickie. Il n'Ă©tait plus question du dĂ©part de Tom. Depuis que Tom Ă©tait arrivĂ©, Marge se sentait un peu abandonnĂ©e. Il y avait quelque chose dans les yeux de Marge, quand elle Ă©tait trĂšs sĂ©rieuse, qui lui donnait un air sage et vieux en dĂ©pit des vĂȘtements simplets qu'elle portait, de ses cheveux balayĂ©s par le vent et de son apparence gĂ©nĂ©rale de cheftaine de boy-scouts. Elle paraissait comprendre que Dickie s'Ă©tait liĂ© plus intimement avec lui, Tom, simplement parce qu'il Ă©tait un homme, qu'il n'aurait jamais pu le faire avec elle, qu'il l'aimĂąt ou non, et il ne l'aimait pas. Une autre semaine s'Ă©coula, une certaine tension s'Ă©tait installĂ©e entre eux. Un jour Dickie lui avait dit - Marge croit que vous ĂȘtes une tapette. - Personne ne lui avait jamais dit ça, en face, aussi brutalement. - Dickie, je tiens Ă mettre ceci au point, commença Tom, je ne suis pas une tapette et je ne veux pas que personne s'imagine que j'en suis une. Il s'Ă©tait conduit comme un idiot ! Il pensait qu'il Ă©tait un des plus innocents et un des esprits les plus purs de tous les gens qu'il connaissait. C'Ă©tait ce qui rendait d'autant plus amer ce malentendu avec Dickie. -Ătes-vous amoureux de Marge, Dickie ? - -Non, mais je la plains. Elle a Ă©tĂ© trĂšs gentille avec moi. Nous avons passĂ© de bons moments ensemble. Vous n'avez pas l'air de comprendre -Je comprends trĂšs bien. Cela a toujours Ă©tĂ© l'impression que vous me faisiez tous les deux qu'en ce qui vous concernait, c'Ă©tait un amour platonique et qu'elle Ă©tait probablement amoureuse de vous. - -Je n'ai pas couchĂ© avec elle et je n'en ai pas l'intention, mais je tiens Ă conserver son amitiĂ© - Tom avait reçu une lettre de Mr Greenleaf lui disant que l'objectif n'ayant pas Ă©tĂ© atteint, il pouvait se sentir dĂ©gagĂ© de toute obligation. Tom avait Ă©chouĂ©. Il Ă©tait tout seul. Dickie et Marge semblaient trĂšs loin, et ce qu'ils disaient perdait de son importance. Il commençait Ă sentir un frisson lui courir le long du dos, aux creux des reins. Avant de s'en aller dĂ©finitivement Tom avait proposĂ© Ă Dickie un petit voyage Ă Paris, mais Dickie avait optĂ© pour San Remo. Marge dĂ©clara qu'elle Ă©tait " lancĂ©e " dans son livre. Tom avait connu des Ă©crivains. On ne faisait pas un livre comme ça, en passant la moitiĂ© de la journĂ©e sur la plage Ă se demander ce qu'on mangerait pour dĂźner. Mais il Ă©tait ravi qu'elle fĂ»t justement " lancĂ©e " au moment oĂč Dickie et lui voulaient aller Ă San Remo. Dickie ne desserra pas les dents dans le train. Feignant d'avoir envie de dormir, il croisa les bras et ferma les yeux. Tom sentait monter en lui un tourbillon d'Ă©motions, oĂč se mĂȘlaient la haine, l'affection, l'impatience et la dĂ©ception ; il en haletait. Il avait envie de tuer Dickie. BientĂŽt il allait quitter Dickie pour de bon, et de quoi pouvait-il encore avoir honte ? Une idĂ©e merveilleuse venait de le frapper il pourrait devenir lui-mĂȘme Dickie Greenleaf. Il pourrait faire tout ce que faisait Dickie. A San Remo il y avait une dizaine de petits canots bleus et blancs, alignĂ©s prĂšs de l'appontement. Ils en louĂšrent un. Maintenant ils Ă©taient seuls et fonçaient vers des eaux oĂč l'on ne voyait aucun bateau. Tom Ă©tait terrifiĂ©. Il avait peur mais pas de l'eau il avait peur de Dickie. Soudain il prit la rame comme pour jouer, et, puis il souleva l'aviron et en frappa de toutes ses forces la tĂȘte de Dickie. La rame fit une grande plaie qui se mit aussitĂŽt Ă saigner. Maintenant Dickie Ă©tait au fond du canot, et se tordait, secouĂ© de convulsions. Tom le frappa Ă trois reprises sur le cou, Ă grands coups d'aviron comme si c'Ă©tait une hache et que le cou de Dickie fĂ»t un arbre. Puis le corps affalĂ© se dĂ©tendit et s'immobilisa, sans vie. Tom se redressa, reprenant pĂ©niblement son souffle. Il regarda autour de lui. Il n'y avait pas une embarcation. Il se pencha et ĂŽta la bague de Dickie qu'il fourra dans ses poches. Tom enroula la corde qui retenait le bloc de ciment qui servait d'encre autour des chevilles nues de Dickie, puis il fit un Ă©norme nĆud. Tom traĂźna le corps vers l'arriĂšre, Dickie passa par-dessus bord. Il mit le cap sur la cĂŽte oĂč il se dirigea vers une petite crique abandonnĂ©e. Tom dĂ©cida de saborder le canot qu'il remplit de gros galets. Il travailla sans relĂąche jusqu'Ă ce que le canot finalement coule quelques mĂštres plus loin. Tom alors se traĂźna jusqu'Ă la plage et s'allongea un moment Ă plat ventre sur le sable. Il commença Ă tirer des plans pour ce qui lui restait maintenant Ă faire rentrer Ă l'hĂŽtel, quitter San Remo avant la nuit, regagner Mongibello. Et lĂ -bas trouver une histoire plausible Ă raconter. Le lendemain Ă 11 heures il Ă©tait Ă Mongibello. - Dickie a dĂ©cidĂ© de s'installer Ă Rome, expliqua-t-il Ă Marge. Il me demande de reprendre toutes ses affaires, tout ce que je pourrai emporter. Il veut sans doute passer l'hiver Ă Rome. Il dit qu'il va vous Ă©crire. Marge semblait complĂštement abattue. Tom savait qu'elle arrivait probablement Ă la conclusion qu'il allait certainement habiter avec Tom. Le lendemain il Ă©tait Ă Rome oĂč il s'installa dans un hĂŽtel modeste prĂšs de la via Veneto. Il avait donnĂ© le passeport de Dickie et avait passĂ© la soirĂ©e Ă imiter sa signature pour les chĂšques bancaires. Chaque instant Ă©tait un plaisir pour Tom, qu'il fĂ»t seul oĂč qu'il marchĂąt dans les rues de Rome. " Il ne pourrait pas se sentir seul ou s'ennuyer, se dit-il, aussi longtemps qu'il serait Dickie Greenleaf. " Avec la machine Ă Ă©crire de Dickie il avait adressĂ© une lettre Ă Mr et Mme Greenleaf et une Ă Marge, il avait signĂ© Dickie. Quelques jours plus tard il partait pour Paris en avion. A Orly l'inspecteur des douanes tamponna son passeport aprĂšs avoir seulement jetĂ© un coup d'Ćil sur lui; Tom avait fait lĂ©gĂšrement Ă©claircir ses cheveux, les avait forcĂ©s Ă onduler un peu, il avait arborĂ© l'expression vaguement tendue, vaguement soucieuse qu'avait Dickie sur la photo de son passeport. Son expression mĂȘme Ă©tait maintenant celle de Dickie. C'Ă©tait merveilleux d'ĂȘtre assis dans un cafĂ© cĂ©lĂšbre, et de penser que demain, et demain et demain encore, il serait Dickie Greenleaf. C'Ă©tait la vĂ©ritable annihilation de son passĂ© et de lui-mĂȘme, Tom Ripley, qui appartenait Ă son passĂ©, et sa renaissance sous une enveloppe absolument nouvelle. AprĂšs son voyage, un matin que Tom faisait ses bagages, on sonna Ă la porte. Freddie Miles, un ami de Dickie, entra, tournant de tous cĂŽtĂ©s d'un air inquisiteur son vilain visage criblĂ© de tĂąches de rousseurs. - Qu'est-il arrivĂ© Ă Dickie ? Freddie arpentait la piĂšce - vous habitez ici n'est-ce pas ? Je vois que Dickie vous a couvert de ses bijoux. Tom fut incapable de rien trouver Ă rĂ©pondre. Puis Freddie sortit, sur le palier il questionnĂąt la signora Buffi, enfin il revint sur ses pas. Freddie frappa Ă la porte. Tom s'empara d'un lourd cendrier de cristal. Pendant deux secondes encore il se demanda " Y a-t-il une autre solution ? " mais il Ă©tait incapable de rĂ©flĂ©chir. C'Ă©tait la seule solution. Il ouvrit la porte de la main gauche. Sa main droite qui tenait le cendrier Ă©tait en retrait. Freddie entra " Dites donc, voudriez vous m'expliquerâŠ. ". Le rebord arrondi du cendrier le frappa au milieu du front. Il frappa encore et encore. Tom lui assena sur la tĂȘte un coup en oblique et le sang jaillit. Maintenant Tom contemplait le corps massif de Freddie et il se disait que c'Ă©tait lĂ un crime bien stupide, bien dangereux et bien gratuit. Il attendit jusqu'Ă prĂšs de 8 heures. En trĂ©buchant il transporta Freddie jusqu'Ă la voiture que celui-ci avait garĂ©e devant la maison. Personne ne sortit ni entra par la grande porte en bas. Il semblait bĂ©nĂ©ficier d'une sorte de protection magique et de glisser comme dans un rĂȘve malgrĂ© le fardeau qui pesait sur son Ă©paule. Sur la via Appia il abandonna le corps de Freddie derriĂšre un fragment de voĂ»te qui devait ĂȘtre tout ce qui restait d'un tombeau. patricien. Tom remonta le col de son manteau et hĂąta le pas. A midi il sortit acheter les journaux. Toute la presse parlait de l'affaire. Tom se sentait dĂ©primĂ©, traquĂ©. Puis la police Ă©tait venue le questionner Dickie Ă©tait le dernier Ă avoir vu Freddie. Le lendemain dans la derniĂšre page du dernier quotidien du soir il lut Barca affondata con macchie di sangue trovata nell'acqua poco profonda vicino a San Remo. Il lut l'article rapidement, plus terrorisĂ© que lorsqu'il avait descendu le corps de Freddie dans l'escalier ou que quand la police Ă©tait venue l'interroger. C'Ă©tait comme un cauchemar qui devenait rĂ©alitĂ©. La police Ă©tait maintenant sur les traces de Tom Ripley qui semblait avoir mystĂ©rieusement disparu, Dickie semblait ĂȘtre soupçonnĂ© du meurtre de Freddie et de Ripley. C'Ă©tait la fin de Dickie Greenleaf, il le savait. Il Ă©tait navrĂ© de redevenir Thomas Ripley, navrĂ© d'ĂȘtre de nouveau un pauvre type, de reprendre ses habitudes et de sentir que les gens le regardaient de haut, qu'il les ennuyait sauf quand il faisait le clown pour eux. Il Ă©tait dĂ©solĂ© de se retrouver comme il aurait eu horreur de remettre un complet rĂąpĂ©, sale, mal repassĂ©, qui n'Ă©tait dĂ©jĂ pas trĂšs rĂ©ussi quand il Ă©tait neuf. Tom fit ses bagages et partit pour Venise. Il y Ă©tait depuis quelques jours lorsque un article dans un journal avait attirĂ© son attention " La police recherche l'amĂ©ricain disparu. Dickie Greenleaf, l'ami de Freddie Miles assassinĂ© sur la Via Appia, a disparu aprĂšs un voyage en Sicile. Tant qu'il ne se serait pas prĂ©sentĂ© Ă la police pour se laver de tout soupçon, on pouvait considĂ©rer qu'il avait les apparences contre lui. La police de Rome l'avait Ă©galement convoquĂ© pour rĂ©pondre Ă certaines questions concernant la disparition de Tom Ripley, depuis sa convocation Mr Greenleaf semblait s'ĂȘtre volatilisĂ©. " Tom pensait qu'il devrait se prĂ©senter sans tarder Ă la police. Il n'avait pas peur, mais il se disait que se prĂ©senter sous l'identitĂ© de Thomas Ripley allait ĂȘtre une des choses les plus attristantes qu'il eĂ»t faites dans sa vie. Tout se passait comme il avait espĂ©rĂ© dans ses moments de plus fol optimisme la police n'avait rien contre lui, aucun soupçon. Tom se sentit soudain innocent et fort. Il avait envie de s'envoler tant il Ă©tait contentâŠâŠLes idiots ! Dire qu'ils avaient sans cesse tournĂ© autour du pot, sans jamais deviner. Et puis, le matin du 4 avril, il reçut un coup de tĂ©lĂ©phone de Marge. Elle Ă©tait Ă Venise, Ă la gare. Tom l'installa dans sa propre chambre et Marge referma sa porte pour faire la sieste aprĂšs le dĂ©jeuner. Tom tĂ©lĂ©phona Ă Mr Greenleaf qui Ă©tait arrivĂ© Ă Rome. Celui-ci se montra plus aimable que Tom ne l'avait escomptĂ©. " Je commence Ă croire que Dickie est mort. Je ne sais pas pourquoi mais ces italiens n'ont pas l'air de vouloir admettre cette possibilitĂ©. Ils se comportent comme des amateursâŠde vieilles dames jouant aux dĂ©tectives. Je n'ai jamais considĂ©rĂ© mon fils comme trĂšs Ă©quilibrĂ©, Tom. " Marge et Mr Greenleaf avaient acceptĂ© la thĂšse du suicide. Tom savait que, suicide ou fuite, dans l'un comme dans l'autre cas la conduite de Dickie paraĂźtrait Ă©galement rĂ©prĂ©hensible aux yeux de Mr. Greenleaf. Cher Mr. Greenleaf, En faisant ma valise hier, je suis tombĂ© sur une enveloppe que Richard m'avait remise Ă Rome et dont j'avais oubliĂ© l'existence. L'enveloppe contenait le testament de Richard, et il me laisse tout ce qu'il possĂšde. Je regrette seulement de ne plus avoir pensĂ© Ă cette enveloppe car cela nous aurait prouvĂ© depuis bien longtemps que Dickie avait l'intention d'attenter Ă ses jours. Que dois-je faire ? Ma prochaine adresse sera c/o American Express AthĂšnes GrĂšce. Bien sĂ»r c'Ă©tait un peu jouer avec le feu, se dit Tom. Le risque mĂȘme qu'il prenait en essayant de mettre le grappin sur tout ce que possĂ©dait Dickie, le danger de l'entreprise l'attirait irrĂ©sistiblement. Il s'ennuyait tant aprĂšs les mornes semaines passĂ©es Ă Venise oĂč chaque jour semblait mieux asseoir sa sĂ©curitĂ© et souligner la monotonie de son existence. Tom s'embarqua pour la GrĂšce. La police attendait sur les quais. Les policiers les bras croisĂ©s, le regardaient s'approcher. Tom esquissa un faible sourire. Tom se trouvait maintenant presque entre deux policiers, juste en face du Kiosque, et les deux hommes regardaient toujours droit devant eux, sans lui prĂȘter la moindre attention. A l'American Express il trouva une lettre de Mr Greenleaf Mon cher Tom, Comme vous le faites remarquer, ce testament semble hĂ©las ! indiquer que Richard s'est suicidĂ©. C'est une conclusion Ă laquelle nous avons fini par nous rĂ©signer. Ma femme estime comme moi que, quoi qu'ait pu faire Richard, nous devons respecter ses volontĂ©s. En ce qui concerne le testament, vous avez donc mon appui sans rĂ©serve. Avec tous nos meilleurs vĆux. Etait-ce une plaisanterie ? Ce n'Ă©tait pas une farce !C'Ă©tait bien Ă lui ! L'argent de Dickie, la libertĂ© ! Et comme tout le reste, c'Ă©tait une double libertĂ©, la sienne et celle de Dickie. " A donda, a donda ? demandait le chauffeur de taxi, essayant de parler italien. - A l'hĂŽtel, s'il vous plaĂźt, dit Tom. Il meglio albergo. Il meglio, il meglio ! " Commentaires Ce roman a Ă©tĂ© dĂ©fini par le The Times comme " superbement amoral " et a reçu le Grand Prix de littĂ©rature policiĂšre en 1957. Patricia Highsmith Ă©crit "Si un auteur de romans Ă suspense Ă©crit sur des meurtriers et des victimes, ces gens pris dans le tourbillon vertigineux d'Ă©vĂ©nements terribles, il doit faire mieux que dĂ©crire la brutalitĂ© et l'horreur. Il doit s'intĂ©resser Ă la justice, Ă sa prĂ©sence dans ce monde et aussi Ă son absence. Il doit s'intĂ©resser au bien et au mal, Ă la lĂąchetĂ© et au courage. Il doit s'intĂ©resser Ă ces forces autrement que pour faire avancer son intrigue dans la bonne direction. En un mot, ses personnages inventĂ©s doivent paraĂźtre rĂ©els. " Tom Ripley est quelqu'un qui n'a pas rĂ©ussi sa vie. Depuis qu'il est petit la malchance est au rendez-vous. Orphelin il a Ă©tĂ© Ă©levĂ© par sa tante Dottie qui ne l'aime guĂšre et le traite de fillette. A 17ans il s'enfouit de la maison et il est ramenĂ©, il recommencĂ© Ă 20 ans et cette fois il rĂ©ussit. Et pourtant Tom a toujours besoin de sa tante et de ses chĂšques minables. Patricia Highsmith Ă©crit " Il avait passĂ© tant de temps Ă haĂŻr tante Dottie et Ă chercher comment lui Ă©chapper qu'il n'avait plus eu assez de temps pour devenir adulte ". Ripley manque d'identitĂ©. Il veut ĂȘtre quelqu'un, mĂȘme s'il doit tricher ou voler. Ambitieux, il manque de remords. TrĂšs tĂŽt il Ă©prouve un sentiment d'injustice. Il se sait intelligent mais il n'arrive pas Ă mettre Ă profit ses multiples talents. Lorsque l'occasion lui est donnĂ©e de changer de vie il sait qu'il recommence Ă zĂ©ro. Tom Ripley est malheureux et ressemble Ă ces psychopathes qui ont des accents rĂ©currents de dĂ©pression et d'hypocondrie, mais il maĂźtrise l'aliĂ©nation et la dĂ©rive. Tom s'ennuie avec sa propre vie et a une envie explosive de chance et de puissance. Il occupe une position faible dans le grand jeu de la vie. C'est pourquoi il se sent justifiĂ© lorsqu'il adopte les moyens qu'il considĂšre nĂ©cessaires pour poursuivre son but. Psychologiquement inhumain dans le sens le plus profond, ses Ă©motions et sa conscience ont Ă©tĂ© amputĂ©es et remplacĂ©es par des imitations fantĂŽmes. Impossible de percer sa façade. Son identitĂ© sexuelle n'est pas entiĂšrement formĂ©e. Patricia Highsmith fait dire Ă son personnage " Je n'arrive pas Ă dĂ©cider si je prĂ©fĂšre les hommes ou les femmes, alors je songe Ă renoncer aux deux. ". Tom est Ă©galement Ă la recherche d'une famille. En Dickie il aperçoit le frĂšre qu'il n'a jamais eu. Tom Ă©prouve tout d'abord pour Dickie Greenleaf une sorte de sentiment mĂȘlĂ© d'affection et de haine. Mais Dickie est cruel et ne cache pas Ă Tom son soulagement de le voir partir et dĂ©commande avec dĂ©sinvolture des plans qu'ils ont fait ensemble. Lorsque Tom se sent exclu de sa vie et lorsque Marge et Dickie le laissent peu Ă peu en dehors de leurs prĂ©paratifs de dĂ©part il sent qu'il est tout seul. Alors un sentiment furieux de jalousie s'empare de lui. Puisque Dickie ne veut pas partager sa vie avec lui, il va s'emparer de la sienne et prendre son identitĂ©, il va devenir lui-mĂȘme Dickie Greenleaf et faire tout ce que fait Dickie. Il s'identifie Ă tel point Ă Dickie qu'il Ă©change l'expression timide et un peu affolĂ©e de Tom Ripley contre l'assurance, l'humeur et le tempĂ©rament de son ami. Il rĂ©pĂšte soigneusement ce rĂŽle et il a l'impression qu'il a le monde entier pour public et c'est une impression qui le stimule car la moindre erreur peut ĂȘtre catastrophique. " Cela donnait Ă son existence une atmosphĂšre particuliĂšrement dĂ©licieuse de puretĂ©, un peu comme ce qu'Ă©prouve un bon comĂ©dien quand il joue un rĂŽle important sur une scĂšne, avec la conviction que personne d'autre ne pourrait mieux que lui le tenir. Et pourtant il est seul, et le jeu qu'il joue est un jeu solitaire. Tom ne perd jamais le sens des rĂ©alitĂ©s. Tandis qu'il fusionne graduellement avec l'objet de son Ă©mulation admirative, il peut toujours faire la diffĂ©rence. Et alors qu'il assume le nom de son ami, qu'il porte ses vĂȘtements, encaisse ses chĂšques, il sait que ses actes sont illĂ©gaux. Patricia Highsmith a explorĂ© la psychologie, la culpabilitĂ© et le comportement anormal d'un individu dans un monde sans terre morale ferme Par un rĂ©seau d'observations minutieuses, souvent cruelles, Patricia Highsmith met en place un scĂ©nario Ă©touffĂ© qui conduit Ă un dĂ©nouement d'une logique implacable. Le propos est centrĂ© sur le comportement et la psychologie du coupable, vu comme une victime. La violence ne se dĂ©clenche que lorsque la folie gagne le hĂ©ros menacĂ© de perdre ses repĂšres. Mr Ripley sort en 1955, et ses aventures devaient sĂ©duire des cinĂ©astes comme RenĂ© ClĂ©ment Plein Soleil en 1956 avec Alain Delon et Marie LaforĂȘt. Dans cette version la fin est " morale ", car il se fait prendre, contrairement Ă ce qui se passe dans le roman. Un remake de ce succĂšs a Ă©tĂ© tournĂ© en l'an 2000, Le talentueux Mr. Ripley, avec Matt Damon et Gwyneth Paltrow. Le film a Ă©tĂ© dirigĂ© par Antony Minghella. Ripley a inspirĂ© le film de Wim Wenders Friend.1977 Biographie Cet Ă©crivain classĂ©, Ă son corps dĂ©fendant, comme auteur de romans policiers, revendique pour maĂźtres Henry James et DostoĂŻevski. DĂ©bouchant souvent sur le fantastique L'Amateur d'escargot, 1975, ou Catastrophes, 1987, le rĂ©cit peut atteindre l'horreur, comme dans Le Journal d'Edith 1977 qui relate la lente dĂ©composition d'une AmĂ©ricaine ordinaire. Ce texte, qu'elle qualifie de " livre sur le mĂ©tier de femme", contient une phrase que Patricia Highsmith a faite sienne " Ne pense pas, mais avance. " Autre livre Ă part, publiĂ© sous le pseudonyme de Claire Morgan, Les Eaux dĂ©robĂ©es 1952 est un plaidoyer en faveur des lesbiennes." Patricia Highsmith est une femme d'angoisse et de mystĂšres. La reine amĂ©ricaine du polar habitait Ă Locarno, dans le Tessin. Elle est nĂ©e Mary Patricia Plangman en 1921, Ă Fort Worth dans le Texas. Ses parents, deux crĂ©ateurs publicitaires, se sont sĂ©parĂ©s avant sa naissance. Son pĂšre Ă©tait de descendance allemande et elle ne l'a rencontrĂ© qu'Ă l'Ăąge de douze ans, le nom de famille Highsmith Ă©tait de son beau pĂšre. Sa mĂšre n'Ă©tant pas particuliĂšrement aimante, Patricia est en fait Ă©levĂ©e par sa grand-mĂšre, Ă New York. Elle manifeste trĂšs tĂŽt de rĂ©els talents pour la peinture et la sculpture. Mais plus que tout, la jeune fille veut Ă©crire. C'est Ă cette Ă©poque qu'elle commence Ă Ă©crire des nouvelles. Elle Ă©tudie Ă la Julia Richmond Highschool de New York et obtient sa licence en latin, anglais et grec en 1942. Elle en termine avec ses Ă©tudes en 1942 pour gagner sa vie, d'abord dans une agence de publicitĂ©, puis comme scĂ©nariste de bandes dessinĂ©es. En 1944, elle place sa premiĂšre nouvelle, L'HĂ©roĂŻne, dans la prestigieuse revue Harper's Bazaar. Puis elle s'attaque avec acharnement Ă son premier roman. L'Inconnu du Nord-Express paraĂźt en 1950, immĂ©diatement saluĂ© par la critique. Ce rĂ©cit a donnĂ© la tonalitĂ© Ă ses romans, dans lesquels deux mondes diffĂ©rents se mĂȘlent et la frontiĂšre entre les personnes normales et anormales est vague et peut-ĂȘtre inexistante. "N'importe qui peut assassiner. C'est une question de circonstances, cela n'a rien Ă voir avec le tempĂ©rament!. Quiconque. MĂȘme votre grand-mĂšre ". Alfred Hitchcock en acquiert les droits pour le cinĂ©ma le bougre a cachĂ© son nom dans la transaction pour ne payer que 7 500 dollars ! Le succĂšs du film assure la notoriĂ©tĂ© Ă la demoiselle de 29 ans. Le livre et le film sont considĂ©rĂ©s classique dans le domaine de suspens. C'est lors d'un voyage en Europe en 1951 que naĂźt son futur grand personnage et double de fiction Tom Ripley, dandy bisexuel, amateur d'art et faussaire, criminel cynique mais attirant. Le cinĂ©ma s'est en tout cas rĂ©galĂ© de ses romans d'angoisse et de ses puzzles psychologiques Wim Wenders adapte Ripley s'amuse pour L'Ami amĂ©ricain; Michel Deville Eaux profondes et d'autres cinĂ©astes s'inspirent de ses Ćuvres, Claude Chabrol adapte Le Cri du Hibou. S'ils sont tous europĂ©ens, est-ce parce que cette AmĂ©ricaine est plus apprĂ©ciĂ©e de ce cĂŽtĂ© de l'Atlantique, oĂč elle vit depuis 1952 ? Sous le pseudonyme de Claire Morgan, elle Ă©dite en 1953 Carol, qui se vend Ă presque un million d'exemplaires. Le ton cruel et mystĂ©rieux des romans de l'Ă©crivain amĂ©ricain a sĂ©duit le grand public. Souvent dans ses romans il est question d'identitĂ©, d'effacement et double personnalitĂ©. Patricia Highsmith poursuit la sĂ©rie des Ripley avec notamment Rypley et les ombres en 1970, Sur les pas de Ripley en 1980 et Ripley entre deux eaux en 1991. A partir de 1963, Patricia Highsmith parcourt l'Europe, se pose un temps en Cornouailles, puis en France dans les annĂ©es 1970. L'Ă©crivain - admirĂ©e par Graham Greene - se retire alors dans une maison isolĂ©e proche de Locarno, dans le canton du Tessin au climat mĂ©diterranĂ©en. Elle poursuit son Ćuvre, vivant toujours seule car elle ne supporte pas la moindre prĂ©sence humaine quand elle Ă©crit elle se passionne en revanche pour les animaux, fouillant toujours plus profond les tourments de l'Ăąme de ses ĂȘtres de fiction apparemment ordinaires, mais plus sĂ»rement effroyables. Cette exploration l'intĂ©resse bien plus que les intrigues criminelles. "Je n'ai aucun goĂ»t pour les romans de dĂ©tection", rappelait celle qui jamais ne lut Conan Doyle ou Agatha Christie. Highsmith s'est Ă©teinte le 4 fĂ©vrier 1995, Ă 74 ans. La romanciĂšre, qui a publiĂ© 22 romans et 7 nouvelles a lĂ©guĂ© aux Archives littĂ©raires suisses une collection de plus de 250 textes inĂ©dits. Dans l'histoire des femmes, annĂ©e aprĂšs annĂ©e de 1900 Ă 1989, intitulĂ©e le XXe siĂšcle des femmes, Florence Montreynaud prĂ©sente l'Ă©crivain amĂ©ricain Patricia Highsmith dans un article titrĂ© "Meurtres anglais" Elle a rĂ©ussi Ă crĂ©er son propre univers, un univers oĂč nous pĂ©nĂ©trons chaque fois avec un sentiment personnel de danger " Graham Greene. Il y a en effet un sentiment de menace derriĂšre la plupart des romans de Highsmith. Parfois ses histoire courtes, puissantes et refroidissantes laissent percer l'idĂ©e que le monde est plus dangereux que ce qu'on avait imaginĂ©. Russel Harrison a suggĂ©rĂ© que la fiction de Highsmith dĂ©montre des Ă©lĂ©ments d'existentialisme comme liĂ©s Ă Sartre et Ă Camus. Origine du roman policier Polar, suspense, thriller, roman noir⊠à quelques nuances prĂšs, derriĂšre ces appellations se cache un genre bien Ă part, et Ă part entiĂšre, de la littĂ©rature celle dite policiĂšre. Si son origine remonte Ă la nuit des temps avec des rĂ©miniscences d'enquĂȘtes dans la tragĂ©die grecque et les lĂ©gendes arabes, et bien plus tard dans le Zadig de Voltaire, la naissance du genre date du milieu du XIXe siĂšcle, dans le sillage du roman gothique et des romans-feuilletons. L'invention de la littĂ©rature policiĂšre est attribuĂ©e Ă Edgar Allan Poe aux Ătats-Unis, tandis qu'Ă la mĂȘme Ă©poque, en France, les Ćuvres d'Alexandre Dumas, Paul FĂ©val, Victor Hugo, EugĂšne Sue et, bien sĂ»r, HonorĂ© de Balzac et Ămile Gaboriau, font figure de rĂ©fĂ©rence pour annoncer l'effort d'une littĂ©rature qui emprunte aux faits divers d'une sociĂ©tĂ© en Ă©bullition. LittĂ©rature populaire par excellence, elle s'est considĂ©rablement dĂ©veloppĂ©e en un siĂšcle et demi et nous laisse aujourd'hui une abondante bibliothĂšque noire oĂč les noms de Sherlock Holmes A. Conan Doyle et de Philip Marlowe R. Chandler, d'Hercule Poirot A. Christie et de FantĂŽmas M. Allain et P. Souvestre, d'ArsĂšne Lupin M. Leblanc et de Nestor Burma L. Malet, de Sam Spade D. Hammet et de Jules Maigret G. Simenon jusqu'aux hĂ©ros contemporains du nĂ©o-polar. Edgar Allan Poe 1809-1849, poĂšte, journaliste et Ă©crivain amĂ©ricain, a Ă©tĂ© dĂ©couvert en France grĂące aux traductions de Baudelaire et de MallarmĂ©. Il publie ses premiers contes dans The Courrier Ă partir de 1832 et devient critique et rĂ©dacteur, puis directeur pour plusieurs journaux. En avril 1841, il fait paraĂźtre dans le Graham's Magazine de Philadelphie une nouvelle intitulĂ©e Double assassinat dans le rue Morgue dont chacun s'accorde Ă dire qu'il s'agit du premier rĂ©cit de dĂ©tection criminelle mettant en scĂšne, avec le Chevalier Dupin, le premier archĂ©type du dĂ©tective privĂ© amateur. Un Sherlock Holmes avant la lettre ! Mais c'est en France qu'Edgar Poe a trouvĂ© ses influences en s'inspirant du personnage de Vidocq ancien bagnard devenu chef de la SĂ»retĂ© Ă partir de 1811 et des rĂ©cits d'HonorĂ© de Balzac 1799-1850, s'appuyant eux-mĂȘmes sur les mĂ©moires de Vidocq parues en 1828. DĂšs le PĂšre Goriot 1833, en effet, c'est sous son nom de Vautrin que Vidocq apparaĂźt dans l'Ćuvre de Balzac. Edgar Poe, lui, en nommant son hĂ©ros Charles-Auguste Dupin, puise Ă©galement dans l'histoire rĂ©elle de Vidocq en lui empruntant le nom d'un mathĂ©maticien français citĂ© par le chef de la Police dans ses "mĂ©moires". 1841 est Ă©galement l'annĂ©e oĂč Balzac publie, dĂšs le mois de janvier, en feuilleton dans le journal Le Commerce, Une tĂ©nĂ©breuse affaire. Ce rĂ©cit, pour autant peu considĂ©rĂ© comme le premier du genre, est donc antĂ©rieur au Double assassinat. Laissons les exĂ©gĂštes se disputer sur la paternitĂ© du polar pour n'en retenir qu'une seule certitude le genre est bien nĂ© en l'an 1841, parallĂšlement sur l'Ancien et le Nouveau Continent ! DĂšs lors l'exercice de style intĂ©resse de nombreux Ă©crivains du XIXe, Ă commencer par Ămile Gaboriau 1832-1873 qui le dĂ©veloppera comme un genre Ă part entiĂšre. Pour la petite histoire, Gaboriau avait Ă©tĂ© dans sa jeunesse le secrĂ©taire de Paul FĂ©val auteur des romans de cape et d'Ă©pĂ©e Le Bossu, Les Habits noirsâŠ. Le Crime d'Orcival, Le Dossier 113, La Corde au cou, mettent en scĂšne l'inspecteur Lecocq, premier policier de la littĂ©rature policiĂšre Ă utiliser la dĂ©duction logique et l'examen des indices, avec moulage d'empreintes, Ă©laboration des plans des lieux du crime⊠Le vĂ©ritable enquĂȘteur est nĂ©. Tout est fait alors pour annoncer la naissance du gĂ©nie de l'intuition et de la dĂ©duction Sherlock Holmes. Arthur Conan Doyle 1859-1930, mĂ©decin et romancier Ă©cossais, invente son cĂ©lĂšbre dĂ©tective en 1887 avec Une Ă©tude en rouge, roman publiĂ©, comme il Ă©tait coutume Ă l'Ă©poque, en feuilleton dans un journal. AprĂšs quelques aventures et seulement six annĂ©es d'existence, Conan Doyle dĂ©cide de faire mourir son hĂ©ros dans Le Dernier problĂšme 1893, mais il est contraint de le ressusciter dix ans plus tard avec La Maison vide, 1903, les lecteurs anglais ayant considĂ©rĂ© cette mort prĂ©maturĂ©e comme une catastrophe nationale ! Gaston Leroux 1838-1927 et son fameux reporter-dĂ©tective Rouletabille illustre brillamment le propos avec Le MystĂšre de la chambre jaune 1907 et Le Parfum de la dame en noir 1909. Mais c'est surtout Agatha Christie 1890-1976 qui a portĂ© l'exercice jusqu'Ă en faire une spĂ©cialitĂ© anglaise. Avec elle, le roman policier devient un jeu cĂ©rĂ©bral dans lequel le lecteur est appelĂ© Ă participer. Ă lui de dĂ©cortiquer l'intrigue et de relever les moindres indices afin de dĂ©couvrir la clef de l'Ă©nigme avant le terme de l'ouvrage. Ă la mĂȘme Ă©poque, ArsĂšne Lupin, sous la plume de Maurice Leblanc 1864-1941, sĂ©duit avec sa personnalitĂ© de gentleman cambrioleur, narguant la police et dĂ©troussant les riches, tout en dĂ©nouant des intrigues Ă la place de la Justice. Il dĂ©chiffre avec une extrĂȘme aisance les messages codĂ©s et excelle dans l'art du dĂ©guisement et des intrusions les plus discrĂštes. Ses mĂ©faits sont toujours pleins d'inventivitĂ© et ne manquent jamais d'Ă©lĂ©gance. En 1911, deux journalistes sportifs, Pierre Souvestre et Marcel Allain, vont crĂ©er un anti-Lupin FantĂŽmas, le gĂ©nie du mal, qui deviendra trĂšs vite populaire jusqu'Ă connaĂźtre un succĂšs sans prĂ©cĂ©dent et qui sĂ©duira les milieux littĂ©raires. Apollinaire, Cendras, Cocteau, Artaud, et plus tard Queneau, furent des inconditionnels. Les premiĂšres annĂ©es du XXe siĂšcle sont dĂ©cidĂ©ment riches en Ă©vĂ©nements littĂ©raires pour l'essor du roman policier. En 1927, Albert Pigasse crĂ©e la collection Le Masque -premiĂšre collection policiĂšre française- en commençant par traduire les romans d'A. Christie. Comme en France avec les romans-feuilletons, les Ătats-Unis ont connu leurs publications de romans populaires avec les dime-novels, fascicules vendus au prix unique de 10 cents, soit un dime, qui proposaient chaque semaine un rĂ©cit d'aventure. Les dime-novels sont les ancĂȘtres des fameux pulps qui apparaissent au dĂ©but des annĂ©es 1920. C'est au sein de ces magazines aux couvertures aguichantes, et plus particuliĂšrement du pulp Black Mask que va Ă©merger, dans un climat social propice, l'Ă©cole du roman noir amĂ©ricain, avec Dashiell Hammet pour pĂšre fondateur. Hammett inaugure une longue sĂ©rie de dĂ©tectives lĂ©gendaires, comme ce sera le cas plus tard dans Le Faucon de Malte avec Sam Spade. Raymond Chandler 1888-1959, lui aussi issu de Black Mask, publie son premier roman en 1939, Le Grand sommeil, avec l'apparition du dĂ©tective Philip Marlowe. L'AmĂ©rique des annĂ©es 20 Ă 40 est celle de la crise, de la Prohibition, de la corruption, des gangsters, de la violence au quotidien. C'est dans ce climat sordide et cynique que le roman noir ne pose plus ou peu la question " Qui a tuĂ© ? " mais plutĂŽt celle de savoir pourquoi y a-t-il eu un meurtre. Comme aux Ătats-Unis une vingtaine d'annĂ©es plus tĂŽt, c'est bien Ă©videmment le contexte politico-social qui inspire l'Ă©volution de la littĂ©rature policiĂšre, du genre " Ă Ă©nigme " Ă celui de " roman noir ". Au cours de la pĂ©riode sombre de l'Occupation, un jeune homme de 34 ans, issu du mouvement des surrĂ©alistes, publie 120, rue de la Gare. Avec cette premiĂšre aventure de Nestor Burma, LĂ©o Malet 1909-1996 ouvrait alors la porte d'une nouvelle forme d'enquĂȘte policiĂšre, davantage ancrĂ©e dans la rĂ©alitĂ© brute. AprĂšs la LibĂ©ration, en 1945, Marcel Duhamel -un autre surrĂ©aliste ! - crĂ©e la SĂ©rie Noire aux Ă©ditions Gallimard pour traduire des auteurs anglo-saxons.. Dans les annĂ©es 50, des auteurs tels que Albert Simonin, Auguste Le Breton ou encore JosĂ© Giovanni, amĂšnent au roman noir le langage argotique empruntĂ© au " milieu ", lequel est abondamment prĂ©sent dans leurs Ćuvres. C'est la grande Ă©poque des malfrats et des tractions-avant, des casses et des Ă©vasions, celle de Touchez pas au grisbi !, Le Cave se rebiffe, Le Rouge set mis, Du rififi chez les hommes, Razzia sur la chnouf, Le Trou, Le Doulos⊠qui inspirent aussi le cinĂ©ma de l'Ă©poque. Enfin, on ne peut pas parler de littĂ©rature policiĂšre francophone sans Ă©voquer le Belge Georges Simenon 1903-1989 dont le nom, ainsi que celui de son commissaire Maigret restent, dans la mĂ©moire populaire, indissociablement liĂ©s au polar, au sens gĂ©nĂ©rique du terme. De mĂȘme, l'inclassable FrĂ©dĂ©ric Dard et son personnage fĂ©tiche San-Antonio tient une place Ă part dans le paysage de la littĂ©rature policiĂšre. Créée en 1952 avec RĂ©glez lui son compte en pastichant les polars de Peter Cheyney, la sĂ©rie devient vite trĂšs populaire et compte aujourd'hui plus de 150 titres. En marge de la sĂ©rie San-Antonio, FrĂ©dĂ©ric Dard est Ă©galement l'auteur de quelques excellents titres dans la veine du roman noir Les Salauds vont en enfer, Coma, Le Bourreau pleureâŠ. C'est au dĂ©but des annĂ©es 70 qu'apparaĂźt le nĂ©o-polar avec pour chef de file Jean-Patrick Manchette 1942-1995. Dans les annĂ©es 68 le roman noir devient politiquement militant et socialement engagĂ©. DĂšs le dĂ©but du cinĂ©ma la littĂ©rature policiĂšre a inspirĂ© les tourneurs de manivelle et l'histoire du septiĂšme art a toujours suivi l'Ă©volution du genre dans chacune de ses Ă©poques. Aux Ătats-Unis Ă©galement les nouveaux cinĂ©astes empruntent Ă la richesse de la production littĂ©raire du genre. La liste est longue et en constante Ă©volution, prouvant bien que la littĂ©rature policiĂšre et cinĂ©ma font bon mĂ©nage. VidĂ©os Adaptation cinĂ©matographique Plein Soleil est un film rĂ©alisĂ© par RenĂ© ClĂ©ment, sorti sur les Ă©crans le 10 mars 1960 d'aprĂšs le roman de Patricia Highsmith The Talented Mr. Ripley Alain Delon Tom Ripley/Philippe Greenleaf Maurice Ronet Philippe Greenleaf Marie LaforĂȘt Marge Duval Musique Nino Rota Le Talentueux Mr Ripley The Talented Mr. Ripley est un film amĂ©ricain rĂ©alisĂ© par Anthony Minghella, sorti en 1999. Quarante ans aprĂšs le film de RenĂ© ClĂ©ment, avec Alain Delon, Anthony Minghella adapte le roman de Patricia Highsmith, Mr Ripley, plus connu en France sous le nom de Plein soleil. Au final, on retrouve un thriller machiavĂ©lique avec le trio Matt Damon, Jude Law et Gwyneth Paltrow, ainsi qu'une bande originale exceptionnelle emmenĂ©e par les plus grands noms du jazz. A noter Ă©galement que l'adaptation de Minghella est plus proche du roman d'Highsmith, notamment en ce qui concerne l'ambiguĂŻtĂ© de l'orientation sexuelle du personnage jouĂ© par Matt Damon. Musique Gabriel Yared Matt Damon Tom Ripley Gwyneth Paltrow Marge Sherwood Jude Law Dickie Greenleaf Retour Ă la page d'accueil Retour Ă l'index de littĂ©rature
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Matt Damon a partagĂ© ses rĂ©flexions sur l'industrie cinĂ©matographique actuelle, regrettant que des films "risquĂ©s" courant dans les annĂ©es 90 puissent de moins en moins voir le jour aujourd'hui. Les annĂ©es 90, c'Ă©tait mieux avant ? Ă en croire l'acteur et producteur Matt Damon, oui. Du moins pour ce qui concerne le financement de films diffĂ©renciants ! Dans un entretien donnĂ© Ă l'Ă©mission Youtube First We Feast, Matt Damon soulignait l'an dernier le problĂšme que constitue la fin du DVD - prĂ©cipitĂ©e par le succĂšs des plateformes de streaming - sur l'industrie hollywoodienne dans son ensemble STARMAX / BESTIMAGE Matt Damon sur le tournage du Talentueux Mr Ripley en 1999 Le DVD constituait une part importante de nos revenus, mais la technologie a rendu cela obsolĂšte. Avec les films que nous faisions, on pouvait ne pas totalement marcher en salles et se refaire six mois aprĂšs avec les ventes de DVD. C'Ă©tait presque comme une deuxiĂšme sortie en salles. Avec la disparition de ce modĂšle, ça a changĂ© le type de films que nous pouvons faire. Afin d'Ă©clairer son propos, l'interprĂšte de Will Hunting donne un exemple tirĂ© de sa filmographie "J'ai fait ce film, Ma vie avec Liberace 2013. J'ai rencontrĂ© les patrons de studios pour leur dire que le film coĂ»tait 25 millions de dollars et que je devrai payer autant en publicitĂ© et marketing ..., soit un total de 50 millions de dollars. Or, tout ce que je rĂ©colte [de l'exploitation en salles], je dois en donner la moitiĂ© aux gĂ©rants de salles de cinĂ©ma, donc je dois faire 100 millions de dollars avant de pouvoir faire des bĂ©nĂ©fices." "Et l'idĂ©e de devoir faire 100 millions de dollars avec l'histoire d'amour de ces deux personnages ... est un pari trĂšs difficile", conclut Damon. "Ce n'Ă©tait pas le cas dans les annĂ©es 90, Ă©poque oĂč on faisait ce genre de films, que j'adore et avec lesquels je faisais mes choux gras". Au final, Ma vie avec Liberace, passĂ© par la compĂ©tition du Festival de Cannes, a rapportĂ© 13,3 millions de dollars dans le monde. Aux Etats-Unis, il a Ă©tĂ© diffusĂ© directement Ă la tĂ©lĂ©vision sur HBO. Comme Matt Damon, dĂ©plorez-vous un manque de prise de risques par les grands studios de cinĂ©ma amĂ©ricains ou ĂȘtes-vous satisfaits de l'offre actuellement proposĂ©e en salles ? Ă vos claviers ! DĂ©couvrez avec quelle star Matt Damon a Ă©tĂ© colocataire ! Voir le diaporama Diaporama Ces stars de cinĂ©ma ont Ă©tĂ© colocataires Ryan Gosling et Justin Timberlake, Matt Damon et Ben Affleck... 30 photos
Vous ne savez pas quoi regarder ce soir ? Les membres de notre rĂ©daction vous indiquent les films Ă voir ou ne pas voir. Au programme l'Ă©lĂšve Ducobu part en vacances, les dĂ©buts au cinĂ©ma de Brigitte Fossey et une fresque par les Wachowski. Permis de mater »Chaque soir, la rĂ©daction d'AllocinĂ© vous indique les trois incontournables Ă ne pas film de la soirĂ©e est Jeux interdits de RenĂ© ClĂ©ment avec Brigitte Fossey, Georges Poujouly HD1, 20h50 "Un film bouleversant, avec Brigitte Fossey dans son premier rĂŽle. Un vrai classique quâil faut avoir vu au moins une fois dans sa vie !" Brigitte Baronnet Egalement Ă la tĂ©lĂ© ce soir Cloud Atlas de Andy & Lana Wachowski, Tom Tykwer avec Tom Hanks, Halle Berry Canal + CinĂ©ma, 20h45 "Un film dense, quâil faudra sĂ»rement revoir pour en saisir toutes les subtilitĂ©s. NĂ©anmoins, dĂšs la premiĂšre projection, on se laisse porter par cette folle odyssĂ©e, ces acteurs grimĂ©s, cette audace scĂ©naristique⊠Il y a de la poĂ©sie chez les Wachowski mais aussi beaucoup de profondeur. Nâest-ce pas cela que lâon attend du cinĂ©ma ?" Mathilde Degorce Le Marginal de Jacques Deray avec Jean-Paul Belmondo, Henry Silva W9, 20h50 "Un film dâaction Ă la gloire de BĂ©bel qui vous permettra de le redĂ©couvrir au top de sa forme roulant des mĂ©caniques, castagnant du malfrat Ă tout va et se livrant Ă ses petites cabrioles favorites sur terre, sur mer ou dans les airs⊠Et ce pour notre plus grand plaisir !" Guillaume Martin Permis de zapper »Chaque soir, un de nos rĂ©dacteurs vous dĂ©conseille un film de son Vacances de Ducobu de Philippe de Chauveron avec Elie Semoun, JosĂ©phine de Meaux CinĂ© + Famiz, 20h45 "Dans la bande dessinĂ©e, les histoires durent le temps de quelques vignettes Ă peine. Mais sur un format de 90 minutes, difficile de ressentir autre chose que de l'ennui. On a certes vu pire mais on est encore trĂšs loin d'une bonne adaptation de BD au cinĂ©ma..." ClĂ©ment Cusseau Permis de parler »Et sinon, parmi tous les films qui passent ce soir, quel est votre favori ? Pour retrouver lâensemble des programmes, accĂ©dez directement Ă la grille en cliquant ici.
LA VICTIME DĂSIGNĂE La Vittima designata rĂ©alisĂ© par Maurizio Lucidi, disponible en DVD et Blu-ray chez TomĂĄs MiliĂĄn, Pierre ClĂ©menti, Katia Christine, Luigi Casellato, Marisa Bartoli, Ottavio Alessi, Alessandra Cardini, Christina MĂŒller, Enzo Tarascio, Carla Mancini, Bruno BoschettiâŠScĂ©nario Augusto Caminito, Fulvio Gicca, Maurizio Lucidi, Fabio Carpi, Luigi Malerba, Aldo Lado & Antonio TroisoPhotographie Aldo TontiMusique Luis Bacalov & New TrollsDurĂ©e 1h40Date de sortie initiale 1971LE FILMPublicitaire Ă la tĂȘte dâune entreprise lucrative, Stefano Argenti serait un homme heureux si sa femme, Louisa, dĂ©pressive et possessive, ne lâempĂȘchait de rĂ©aliser une excellente opĂ©ration en vendant sa sociĂ©tĂ© contre une forte somme dâargent. Cette derniĂšre est en effet enregistrĂ©e au seul nom de Louisa. Stefano se console dans les bras de sa maĂźtresse, la modĂšle Fabienne. En escapade amoureuse Ă Venise, le couple dâamants rencontre un Ă©trange dandy, le comte Matteo Tiepolo, qui devient rapidement un ami trĂšs proche et intime de Stefano. Un jour, Matteo lui propose un marchĂ© il tue Luisa si celui-ci assassine son frĂšre, une brute qui le tyrannise. EffrayĂ©, Stefano refuse son offre. Mais Matteo rĂ©vĂšle Ă Luisa que son mari la trompe mais quâil dĂ©tourne Ă©galement lâargent de son entreprise. AprĂšs une dispute avec Stefano, Luisa est retrouvĂ©e morte. Matteo, qui lâa tuĂ©e, demande Ă Stefano de bien vouloir remplir sa part du marchĂ©, Ă savoir tuer son frĂšreâŠVoilĂ un giallo, ou plus prĂ©cisĂ©ment un thriller psychologique dont nous nâavions jamais entendu parler ! Nous devons cette rĂ©surrection Ă un nouvel Ă©diteur vidĂ©o indĂ©pendant, qui vient de sâinstaller sur la scĂšne française, Frenezy. Pour lâune de ses deux premiĂšres sorties, lâĂ©diteur a misĂ© sur La Victime dĂ©signĂ©e â La Vittima designata, rĂ©alisĂ© par un certain Maurizio Lucidi durant lâhiver 1970-71. Et autant le dire immĂ©diatement, câest une belle baffe. TrĂšs largement inspirĂ© par LâInconnu du Nord-Express â Strangers on a Train dâAlfred Hitchcock, sorti vingt ans auparavant, lui-mĂȘme tirĂ© en partie du premier roman policier de Patricia Highsmith, La Victime dĂ©signĂ©e compte pas moins de sept scĂ©naristes, parmi lesquels se distinguent forcĂ©ment le mythique Aldo Lado Je suis vivant !, La BĂȘte tue de sang froid, Augusto Caminito Qui a tuĂ© le chat ? de Luigi Comencini, qui produira The King of New York dâAbel Ferrara, Antonio Troiso Le Couteau de glace dâUmberto Lenzi, Les SorciĂšres du bord du lac de Tonino Cervi, ainsi que Fulvio Gicca Palli Confession dâun commissaire de police au procureur de la RĂ©publique de Damiano Damiani. Cette impressionnante somme de talents dĂ©bouche sur une histoire passionnante et anxiogĂšne, qui tient en haleine du dĂ©but Ă la fin et plonge les spectateurs dans une atmosphĂšre poisseuse et pessimiste, renforcĂ©e par une magistrale utilisation des dĂ©cors naturels, de Milan Ă Venise, en passant par le Lac de CĂŽme. Et puis La Victime dĂ©signĂ©e rĂ©unit aussi deux immenses comĂ©diens, qui venaient alors de se croiser lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente sur Les Cannibales â I Cannibali de Liliana Cavani, TomĂĄs QuintĂn RodrĂguez alias TomĂĄs MiliĂĄn qui pousse Ă©galement la chansonnette dans le gĂ©nĂ©rique de fin et Pierre ClĂ©menti, qui livrent deux prestations extrĂȘmement troublantes, magnĂ©tiques et exceptionnelles. Nâattendez plus et jetez-vous sur ce joyau jaune ». Stefano, un publicitaire milanais dâorigine vĂ©nĂ©zuĂ©lienne, est en mauvais termes avec sa femme Luisa. Un jour, lors dâun voyage Ă Venise avec sa maĂźtresse Fabiane, il rencontre un mystĂ©rieux personnage, le jeune comte Matteo Tiepolo qui, peu Ă peu, sâinsinue dans sa vie. Matteo propose Ă Stefano un pacte dictĂ© par lâamitiĂ© » il tuera sa femme si Stefano tue son frĂšre. Lâhomme nâa pas lâintention dâexĂ©cuter le plan, mais, lorsque sa femme meurt rĂ©ellement, Stefano se rend compte que le comte a nĂ©anmoins exĂ©cutĂ© ce quâil avait proposĂ©. Stefano se rend Ă Venise oĂč le comte propose de lâexonĂ©rer en acceptant de tuer son frĂšre, en lui tirant dessus depuis la basilique de Santa Maria della Salute avec un fusil de sniper quâil trouvera dans la consigne Ă bagages dâun garage. SuspectĂ© par la police et piĂ©gĂ© par Matteo, Stefano dit la vĂ©ritĂ©, mais nâest pas cru et au final il nâa quâĂ faire sa part pour rembourser sa Victime dĂ©signĂ©e est sans nul doute lâoeuvre la plus commentĂ©e et la plus valorisĂ©e du rĂ©alisateur Maurizio Lucidi 1932-2005, qui aura pourtant signĂ© une trentaine de films et tĂ©lĂ©films en prĂšs de quarante ans. Câest tout dâabord comme monteur quâil fait ses classes au cinĂ©ma, chez Alberto Cavalcanti Les Noces vĂ©nitiennes, Giorgio Bianchi En avant la musique, Vittorio Cottafavi Les Cent Cavaliers, Luigi Vanzi Un dollar entre les dents, Dino Risi Le Fanfaron, Les Monstres, oĂč son savoir-faire et son efficacitĂ© font lâunanimitĂ© auprĂšs de ses confrĂšres. AprĂšs avoir assistĂ© rien de moins que Pier Paolo Pasolini sur LâĂvangile selon saint Matthieu â Il vangelo secondo Matteo 1964, Maurizio Lucidi, sous le pseudonyme de Maurice A. Bright passe derriĂšre la camĂ©ra et signe quasiment simultanĂ©ment un pĂ©plum Le DĂ©fi des gĂ©ants â La Sfida dei giganti avec Reg Park et un western Mon nom est PĂ©cos â 2 once di piombo dans lequel il dirige Robert Woods. Il continue ainsi dans le domaine de lâOuest AmĂ©ricain », avant de passer au film de guerre il faut bien suivre les modes et les goĂ»ts changeants des spectateurs, avec Les HĂ©ros ne meurent jamais â ProbabilitĂ zero 1969, avec Henry Silva et dâaprĂšs une histoire de Dario Argento, et le mĂ©connu Hamisha Yamim BâSinai, avec Franco Giornelli. DĂ©but des annĂ©es 1970, le giallo explose et remplit les salles du monde entier. Câest lĂ que dĂ©boule La Victime dĂ©signĂ©e, qui sort en Italie le 22 avril 1971, tandis que lâHexagone devra attendre aoĂ»t 1974 pour que le film de Maurizio Lucidi soit exploitĂ©, uniquement en version française et dans un montage raccourci dâune bonne dizaine de le nom de Patricia Highsmith nâest pas crĂ©ditĂ©, on retrouve pourtant certains motifs propres Ă son univers, dĂ©jĂ bien prĂ©sents dans LâInconnu du Nord-Express dâAlfred Hitchcock, mais aussi dans Plein soleil de RenĂ© ClĂ©ment et donc forcĂ©ment dans Le Talentueux Mr. Ripley â The Talented Mr. Ripley dâAnthony Minghella, notamment cette homosexualitĂ© latente entre les deux personnages masculins principaux. A ce titre, la tension sexuelle entre Stefano et Matteo est flagrante dĂšs leur rencontre, impression appuyĂ©e Ă chaque fois quâils se font face, le cadre les rapprochant alors sans cesse, jusquâĂ un point oĂč lâon se demande sâils ne vont pas passer Ă lâacte et finir par sâembrasser. Visiblement trĂšs complices depuis Les Cannibales, ayant un grand respect lâun pour lâautre, TomĂĄs MiliĂĄn et Pierre ClĂ©menti semblent prendre beaucoup de plaisir Ă se donner Ă nouveau la rĂ©plique, avec un naturel confondant. Le premier entre Beatrice Cenci et La Longue nuit de lâexorcisme de Lucio Fulci, habituĂ©, ou plus prĂ©cisĂ©ment souvent cataloguĂ© dans des rĂŽles explosifs, est ici trĂšs attachant dans la peau du pauvre mec castrĂ© par sa femme, qui nâa vraiment pas de chance et qui nâen bĂ©nĂ©ficiera jamais, qui sâest toujours laissĂ© marcher sur les pieds et qui en tentant dâinverser cette tendance ne fera quâempirer la situation. Le regard baissĂ©, traĂźnant presque des pieds, le regard paumĂ© et inĂ©luctablement rĂ©signĂ©, Stefano va toutefois se laisser sĂ©duire par le charme vĂ©nĂ©neux, le charisme, la douceur et les mots de dernier est donc interprĂ©tĂ© par le français Pierre ClĂ©menti, alors trĂšs demandĂ© au cinĂ©ma, puisquâil venait dâenchaĂźner les rĂŽles chez Michel Deville Adorable Menteuse, Benjamin ou les MĂ©moires dâun puceau, Luchino Visconti Le GuĂ©pard, Luis Buñuel Belle de jour, La Voie lactĂ©e, Costa-Gavras Un homme de trop, Sergio Corbucci LâHomme qui rit, Bernardo Bertolucci Partner, Le Conformiste et Pier Paolo Pasolini Porcherie, tout en passant lui-mĂȘme derriĂšre la camĂ©ra pour quelques films underground, libertaires et psychĂ©dĂ©liques. Avec sa beautĂ© ombrageuse, Matteo annonce Ă©trangement le Lestat dâEntretien avec un vampire de lâĂ©crivaine Anne Rice qui paraĂźtra cinq ans plus tard, ainsi quâen raison de la sensualitĂ© homo-Ă©rotique entre les deux protagonistes. MĂȘme chose, les mimiques, les tics et la nature maniĂ©rĂ©e de Matteo, certains costumes, les regards ambigus, la violence sous-jacente, les gestes esquissĂ©s ou non envers Stefano qui se dĂ©crit comme un ĂȘtre romantique, rappellent furieusement lâinterprĂ©tation de Tom Cruise dans le film de Neil Jordan. Impossible pour le cinĂ©phile de ne pas y penser. Aux deux acteurs virtuoses, se joignent la belle rousse nĂ©erlandaise Katia Christine vue dans le segment de Louis Malle dâHistoires extraordinaires, Marisa Bartoli impeccable dans le rĂŽle de lâĂ©pouse devenue gĂȘnante et Alessandra Cardini Chronique dâun homicide de Mauro Bolognini, marquante dans celui de lâintrigante Christina, qui changera son fusil dâĂ©paule en devenant crĂ©atrice de costumes pour le lâon ajoute Ă cela lâexcellence de la mise en scĂšne ainsi quâun final quâon nâest pas prĂȘt dâoublier, un montage parfaitement calibrĂ© dâAlessandro Lucidi frĂšre du cinĂ©aste, une musique enivrante et entĂȘtante de Luis Bacalov et les New Trolls groupe de rock progressif italien, une splendide photographie hivernale et glacĂ©e dâAldo Tonti Cosa Nostra de Terence Young, Belfagor le Magnifique dâEttore Scola, Barabbas de Richard Fleischer, Europe 51 de Roberto Rossellini, qui annonce celle de Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg et celle dâĂmes perdues de Dino Risi, ainsi que la fouille paranoĂŻaque dâun logement qui anticipe celle du personnage de Gene Hackman Ă la fin de Conversation secrĂšte, La Victime dĂ©signĂ©e peut se targuer de trĂŽner parmi les meilleurs gialli des annĂ©es 1970. Pas plus, pas Ă Frenezy, dont nous accueillons les deux premiers titres, La Victime dĂ©signĂ©e de Maurizio Lucidi et Texas Adios de Ferdinando Baldi. Un giallo et un western qui seront bientĂŽt rejoints par un titre Horreur Dans les replis de la chair â Nelle pieghe della carne de Sergio Bergonzelli et un titre Mafia inconnus pour le moment. InĂ©dit en France, La Victime dĂ©signĂ©e est prĂ©sentĂ© pour la premiĂšre fois dans sa version intĂ©grale. La galette HD repose dans un boĂźtier classique de couleur noire, glissĂ© dans un fourreau cartonnĂ© Ă dominante jaune couleur reprise pour la sĂ©rigraphie du disque. Le visuel est superbe, uniquement centrĂ© sur la magnifique Katia Christine. A noter que la jaquette est rĂ©versible et que le verso prĂ©sente cette fois les deux tĂȘtes dâaffiche. A vous de choisir ! Le menu principal est animĂ© et sâest tournĂ© vers Jean-François Rauger pour nous prĂ©senter La Victime dĂ©signĂ©e 26â. Le directeur de la programmation Ă la CinĂ©mathĂšque française ne manque pas dâarguments pour mettre en valeur ce film singulier Ă plus dâun titre, la seule Ćuvre notable de son rĂ©alisateur [âŠ] une variation de LâInconnu du Nord-Express dâAlfred Hitchcock ». Celui-ci revient sur la carriĂšre de Maurizio Lucidi, met en relief la qualitĂ© du film qui relĂšve dâune alchimie miraculeuse », avant dâĂ©voquer les scĂ©naristes dont Aldo Lado, probablement Ă lâorigine de la dimension morbide du rĂ©cit, les Ă©lĂ©ments qui font de La Victime dĂ©signĂ©e un film un peu inclassable, Ă la fois ambitieux et personnel ». Le casting, la sortie française, les lieux de tournage, les partis-pris et les intentions du rĂ©alisateur, la psychologie des personnages et leurs rapports, la dimension homosexuelle de leur relation, le motif du double, sont autant de thĂšmes abordĂ©s au cours de cette intervention Ă©videmment passionnante et Ă ne visionner quâaprĂšs avoir vu le est ensuite allĂ© Ă la rencontre de Louis de Ny, Ă©crivain, musicologue Ă©mĂ©rite et historien du rock progressif italien, courant musical sur lequel il a Ă©crit plusieurs livres 16â, Le Petit monde du rock progressif italien â Une discographie amoureuse 2015 et PlongĂ©e au coeur du rock progressif italien â Le Théùtre des Ă©motions 2018, en collaboration avec Patrick Djivas . Ce spĂ©cialiste propose en un peu plus dâun quart dâheure de restituer la bande originale de Luis Bacalov dans le contexte de son mouvement musical, puis analyse dans un second temps trois extraits du film. Vous saurez donc tout ou presque, tant le sujet est dense sur la carriĂšre de Luis Bacalov et les New Trolls, leurs albums, leurs 45 tours, leur singularitĂ© et la partition de La Victime dĂ©signĂ©e, qui participe Ă la grĂące, Ă la beautĂ© Ă la noblesse dramatique du film ».Le segment intitulĂ© Retour Ă Venise 12â sâavĂšre une analyse pertinente de lâhistorien du cinĂ©ma Rosario Tronnolone. Pas ou peu de redondances avec ce qui a Ă©tĂ© avancĂ© par Jean-François Rauger en dĂ©but de programme. Il sâagit ici dâun retour Ă la fois sur le fond et sur la forme, Rosario Tronnolone revient sur les lieux de tournage, le casting on apprend que Pierre ClĂ©menti est doublĂ© en italien par Giancarlo Giannini, la psychologie des personnages, la compression et la dilatation du temps hĂ©ritĂ©s dâAlfred Hitchcock LâInconnu du Nord-Express est aussi Ă©voquĂ©, le jeu sur les couleurs, et dâautres fournit ensuite une bonne poignĂ©e de scĂšnes coupĂ©es et alternatives 16â. Une reconstruction de scĂšnes issues dâun montage alternatif du film, rĂ©alisĂ© Ă partie des meilleures sources accessibles » indique la jaquette. Seize minutes composĂ©es ainsi Stefano et Matteo en deux parties, Stefano soigne Matteo, Stefano consulte son banquier, Stefano et Cristina en deux parties, Stefano retourne dans sa villa version musicale alternative avec la chanson My shadow in the dark entonnĂ©e par TomĂĄs MiliĂĄn lui-mĂȘme, et version musicale du film, Stefano rĂ©cupĂšre son fusil. Quelques dialogues additionnels par ci, une scĂšne rallongĂ©e par lĂ , ou tout cela combinĂ©, ce genre de supplĂ©ment est habituellement difficile Ă saisir devant lâabsence dâexplication quant Ă leur rejet. Une fois nâest pas coutume, nous trouvons avant chaque sĂ©quence un panneau explicatif, qui replace la scĂšne dans son contexte, ainsi que la diffĂ©rence avec ce qui a finalement Ă©tĂ© conservĂ© au montage se clĂŽt sur les bandes-annonces de La Victime dĂ©signĂ©e, Dans les replis de la chair et Femina Ridens â Le Duo de la et le sonUn panneau indique que la restauration 4K de La Victime dĂ©signĂ©e a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par la CinĂ©mathĂšque de Bologne, en collaboration avec Surf Films, Ă partir dâun CRI Color Reversal Intermediate. Jusquâici indisponible en France, La Victime dĂ©signĂ©e est donc le premier titre Ă©ditĂ©e par Frenezy, prĂ©sentĂ© en version intĂ©grale, en DVD et en Blu-ray 1080p ! La Vittima designata bĂ©nĂ©ficie dâun superbe transfert, qui respecte le grain original, trĂšs bien gĂ©rĂ©, y compris sur les nombreuses sĂ©quences sombres. La dĂ©finition est solide comme un roc. Le master 16/9 compatible 4/3 trouve dâemblĂ©e un Ă©quilibre fort convenable et restitue les trĂšs beaux partis-pris esthĂ©tiques du directeur de la photographie Aldo Tonti Ashanti de Richard Fleischer, RenĂ© la Canne de Francis Girod, Brancaleone sâen va-t-aux croisades â Brancaleone alle crociate de Mario Monicelli. Glaciale, poisseuse, sombre, lâatmosphĂšre du film trouve un Ă©crin exceptionnel en Haute-DĂ©finition, avec des contrastes Ă©lĂ©gants, des noirs denses. La copie affiche une propretĂ© ainsi quâune stabilitĂ© jamais prises en dĂ©faut on oublie un poil camĂ©ra lors de la scĂšne oĂč Stafano soigne Matteo Ă la vodka, tout comme les fondus enchaĂźnĂ©s qui restent fluides et nâentraĂźnent aucun dĂ©crochage chromatique. Les sĂ©quences diurnes sont lumineuses Ă souhait avec un piquĂ© plus acĂ©rĂ© et des dĂ©tails plus flagrants, Ă lâinstar des doigts jaunis par la nicotine de TomĂĄs propose en option La Victime dĂ©signĂ©e dans sa version courte 89â, qui saura ĂȘtre apprĂ©ciĂ©e par celles et ceux qui avaient dĂ©couvert ainsi le film de Maurizio Lucidi dans nos contrĂ©es en 1974. Si votre choix se porte sur la version intĂ©grale, la VF est Ă©galement de mise, mais forcĂ©ment Ă trous », les scĂšnes nâayant jamais Ă©tĂ© doublĂ©es passant automatiquement en VOSTF, comme certains dialogues jugĂ©s probablement trop explicites ». Dans les deux cas, les pistes PCM installent un confort acoustique convaincant, plus Ă©vident en italien, oĂč la musique lancinante possĂšde plus de relief. Aucun souffle parasite, câest propre, fluide, images © Frenezy / Produzioni Cinematografiche Europee / Surf Film / Captures Blu-ray Franck Brissard pour
le talentueux mr ripley explication fin